IE Frugale

Très tôt, Pierre-yves Debliquy a été confronté à la difficulté d’intéresser durablement les PME aux pratiques d’intelligence économique. Non pas que leur intérêt théorique était niée par les entreprises, mais surtout qu’il y a un grand décalage entre la capacité des chefs d’entreprises à se projeter dans leurs coûts et celle à se projeter dans leurs bénéfices. Cela se marque par d’incessantes questions sur le ROI, la plupart du temps sans réponse, une infobésité toujours plus grande, le rejet d’un discours sécuritaire et angoissant… et, finalement, une certaine conviction que ce qu’on a toujours fait continuera à fonctionner comme on l’a toujours fait…

Fort de son, expérience, Pierre-yves Debliquy a compris qu’il fallait changer de point de vue, que le discours prégnant, top- down, était inaudible pour les PME et qu’il était donc nécessaire d’envisager d’autres pistes. Il a alors cherché à adopter un point de vue bottom-up et s’est intéressé successivement à:

les cartes mentales (mind maps) et leur aptitude à gérer et décomposer les informations en petites entités (mots-clés)

les processus de décision, plus souvent basés sur l’intuition que sur des documents

  • la propension des entrepreneurs à investir des moyens dans des projets
  • la pertinence des démarches de recherche d’information, la bonne compréhension du fonctionnement du Web, les stratégies de recherche
  • la capacité à présenter les résultats des missions de recherche de manière percutante
  • la différence entre information utile et information intéressante
  • la différence entre information et document
  • l’exploitation et la valorisation des informations et des connaissances tacites
  • la structuration et la mise en scène de l’information, pour lui donner du sens et l’analyser

L’idée d’intelligence économique frugale, qui tire le maximum des ressources disponibles, si petites soient-elles, a découlé de ces réflexions et de ces expériences. Elle défend le point de vue que:

  • l’intelligence économique est une question d’intention, pas d’outils
  • la pratique de l’intelligence économique ne doit pas être permanente, elle peut s’envisager sur base de projet
  • l’objectif n’est ni la perfection ni l’exhaustivité, mais le meilleur usage de ce qui est disponible ou accessible